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Des élections plutôt que des bombardements
10:23 2026-10-09 UTC+00

La demande de dollars a chuté immédiatement après la déclaration de Donald Trump selon laquelle les États-Unis n’attaqueront pas l’Iran avant les élections de mi-mandat de novembre ; en réaction, les actifs risqués se sont redressés. Le dollar a subi une pression supplémentaire en raison d’une forte baisse des rendements des obligations américaines qui, hier encore, évoluaient autour de 5,31 %, proche de leur plus haut niveau depuis 2002. Les acheteurs d’actions et de devises qui avaient misé sur le repli ont gagné, tandis que ceux qui détenaient le dollar comme actif défensif ont perdu. À mon avis, le marché a réagi au fait le plus simple : en l’absence de frappe, l’une des principales sources d’inquiétude de la semaine s’est estompée.

La publication de Trump sur les réseaux sociaux est apparue jeudi. Le président a écrit que les États-Unis « n’attaqueront pas l’Iran » avant les élections, invoquant des « discussions productives » avec Téhéran. C’est un mélange inhabituel de considérations de sécurité nationale et de politique intérieure, car la décision de renoncer à des frappes a été prise en pleine phase d’escalade. Très récemment, l’Iran a intensifié les attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, des combattants liés à l’Iran au Yémen ont frappé des installations énergétiques saoudiennes, et Trump a ordonné le retrait de bombardiers américains d’une base britannique en raison de potentielles menaces liées à l’Iran.

Cette déclaration répondait à des informations publiées plus tôt dans la semaine. Au début de la semaine, il avait été rapporté que la Maison-Blanche avait demandé au Pentagone de préparer des options de frappes contre l’Iran avant les élections, et que des hauts responsables avaient discuté de plans incluant une campagne intensive de trois jours. Ces informations, mercredi, avaient fait remonter le Brent au-dessus de 102 $ et fait chuter les marchés. Le marché reçoit désormais le signal inverse, et la rapidité du repricing montre à quel point les prix dépendent des gros titres politiques plutôt que de l’équilibre du marché pétrolier.

Cependant, il y a peu de raisons d’être pleinement rassuré. Trump n’a révélé aucun détail sur les discussions, qui restent dans l’impasse sur plusieurs points, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz. En septembre, il a rejeté une offre iranienne après des pourparlers indirects à l’ONU. Le président a déjà parlé de discussions « productives » qui n’ont débouché sur rien et a à plusieurs reprises menacé d’escalade. Il y a moins d’un mois, il affirmait qu’il ne laisserait pas les élections influencer les décisions concernant l’Iran. Il a également déclaré, dans une interview à Time, que des frappes après les élections étaient possibles, et le Pentagone a déployé fin du mois dernier un autre groupe aéronaval d’attaque et 10 000 marins et Marines supplémentaires dans le Golfe — il y a désormais trois porte-avions dans la zone. Trump a souligné qu’un blocus naval des exportations iraniennes restait en place.

La réalité en mer n’a pas changé. Le service UK Maritime Trade Operations (UKMTO) a signalé neuf attaques dans le détroit d’Ormuz depuis le début du mois d’octobre, et elles menacent d’interrompre la récente hausse des flux pétroliers que les forces américaines contribuent à ramener vers leurs niveaux d’avant-guerre.

Qu’est-ce que cela signifie pour le dollar ? Il se maintenait à ses plus hauts de l’année sur trois piliers : des rendements américains élevés, des anticipations de resserrement de la Fed, et une demande de valeur refuge sur fond de guerre et de problèmes européens. Le compte rendu de la réunion de septembre a montré que les 19 participants soutenaient la hausse; le marché n’attend désormais pas grand-chose en octobre et intègre une probabilité d’environ 80 % d’un mouvement en décembre. L’un des soutiens du dollar s’est maintenant affaibli : la demande géopolitique s’est détendue, et la forte baisse des rendements a entamé l’attrait de la devise. L’euro, qui a touché cette semaine un creux de 17 mois, bénéficie d’un petit répit, même si la BCE — à en juger par Lane — ne se précipite pas pour marquer une pause le 29 octobre ni pour monter à 2,75 % en décembre. L’or, qui se négocie autour de 4 140 $, profite généralement de rendements plus faibles et d’un dollar affaibli.

À mon sens, le marché fête trop tôt. La déclaration ne couvre que les frappes avant le 3 novembre, le blocus reste en place, les pétroliers continuent d’être attaqués, et Trump a laissé la porte ouverte à une action après l’élection. Toute faiblesse du dollar a donc de fortes chances d’être limitée et de courte durée, à moins que les rendements ne continuent de baisser; le billet vert peut revenir sur ses sommets au premier nouveau pic de tensions ou en cas de statistiques d’inflation américaines solides.

Quant à la configuration technique actuelle de l’EUR/USD, les acheteurs doivent désormais envisager de reconquérir 1,1240. Ce n’est qu’à cette condition qu’un test de 1,1275 serait possible. De là, une progression vers 1,1310 est envisageable, mais y parvenir sans soutien de gros intervenants serait difficile. À la baisse, je ne m’attends à des achats significatifs qu’aux environs de 1,1200. Si personne ne se manifeste à ce niveau, il serait prudent d’attendre un nouveau plus bas à 1,1165 ou d’ouvrir des positions longues à partir de 1,1130.

Concernant la configuration technique du GBP/USD, les acheteurs de livre doivent s’emparer de la première résistance à 1,3250. Ce n’est qu’alors qu’un objectif à 1,3280 deviendrait accessible, au-dessus duquel de nouveaux progrès seraient difficiles. L’objectif le plus éloigné est la zone de 1,3310. En cas de repli, les vendeurs tenteront de reprendre la main sur 1,3215. S’ils y parviennent, une cassure de cette zone porterait un sérieux coup aux haussiers et pousserait le GBP/USD vers 1,3180, avec la perspective d’atteindre 1,3155.

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